Au-delà des expressions, il y a des prononciations particulières ! En voici quelques exemples.

  • Lorsque la lettre "t" est suivie d'un "i" ou d'un "u", il se prononce "ts" :
    "Martsine, es-tsu sûre?"
  • Comme pour le t, le "d" associé à "i" et "u" se prononce "dz" : "Jeudzi midzi"
  • Les syllabes "en" et "an" se rapprochent du son "in" : ainsi, "vent" peut être compris "vin" par un Français, et "gant" peut être compris "gain"
  • Le son "oir" se prononce "ouère" ou "ou-a-ère" : patinouaère
  • La lettre "è" comme dans "mère" et "père" doit se prononcer "aè" : "maère" et "paère" (un peu comme dans l'accent parisien typique de Gavroche ou Arletty "Atmosphaère?")
  • Les terminaisons de l'imparfait "ais" et "ait" sont souvent pronconcées "a" : "j'sava pas que c'ta interdit"

Et bien-sûr il y a l'intonation qu'on ne peut pas retranscrire ! Il faut savoir aussi que les Québécois mangent souvent la dernière syllabe des mots ce qui ne rend pas la tâche facile pour les comprendre !

Voici quelques mots ou expressions que j'ai appris durant cette semaine ou que j'ai découvert sur le net dans le dictionnaire québécois à usage des Français de France.

Commençons par les faux amis ! Cette liste est exhaustive, cliquez pour consultez la liste complète.

  • Ici, un suçon est une sucette, et une sucette est un suçon !
  • Un cartable est un classeur, un classeur est une armoire pour classer des documents et le sac (d'écolier) est un cartable
  • L'adjectif "écoeurant" peut avoir deux sens ici : le même sens qu'en France soit "infect", "répugnant", mais aussi le sens totalement inverse ! Il s'utilise alors comme "génial", "super", "fantastique" : "c'est écœurant comme il chante bien", "c'est écœurant comme ce plat est bon". Son sens dépend du ton employé et de l'expression du visage
  • Une sacoche est un sac à main
  • La liqueur est un soda et la liqueur transparente correspond quant à elle à une limonade. Souvent les boissons sont appelées des breuvages
  • Ici, les trois repas de la journée ne sont pas le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner mais le déjeuner, le dîner et le souper...

Maintenant quelques mots et expressions québecois.

  • C'est poche ou C'est plate : c'est dommage (pocher signifie "rater")
  • Tasser : déplacer (pour dire "casse toi", il faut dire "tasse toi")
  • Faire du magasinage (magasiner) : faire du shopping
  • Allo ! : salut, bonjour (j'ai du mal à m'y faire !)
  • Ma blonde / Mon cheum : petit(e)-ami(e)
  • Un chalet : maison de campagne construite au bord d'un lac
  • Un char : une voiture
  • Et beaucoup, beaucoup d'autres...

Des expressions reviennent régulièrement dans les dialogues : "fa que" (ça fait que), "dans le fond", "c'est ço" (c'est ça... ils prononcent les "a" un peu comme les Ch'tis et les Picards !), "aké" (pour dire ok)...

Enfin, en ce qui concerne les insultes, les jurons français n'ont aucun impact ici. Ici, les injures sont souvent des blasphèmes et il faut les connaître pour savoir réagir correctement (mon collègue m'a même dit que c'était la base à savoir) :

  • Calice (il faut bien marquer le "a") : "osti de calisse", "calisse de tabarnak"
  • Crisse qui provient de "Christ", beaucoup utilisé : "c'est une crisse de folle" (c'est vraiment une tarée)
  • Crisser : "foutre" comme dans "crisse moi la paix" (fous-moi la paix) et "crisse ton camp" (fous le camp)
  • Sacrement, sacrer : "je sacre mon camp", signifie également "je fous le camp"
  • Osti, Esti (hostie) : "Maudit que ça fait mal" "Esti que ça fait mal" (prononcez "estik'sa fait mal") comme "Putain ça fait mal" en France
  • Tarbernacle qui se prononce "tabarnak !" et qui s'utilise au même titre que "merde" : "tabarnak, t'as pas acheté cteu patente (truc, chose) là ?!"
  • Pour dire qu'on est en colère, fâché : "je suis en maudit", "je suis en crisse"

Pour enchaîner ces mots on utilise "de" : "esti de calisse de tabarnak". L'ordre des mots a son importance mais il faut être né Québécois pour bien maîtriser.

Si vous venez séjourner au Québec, j'espère que ce billet facilitera votre adaptation (mais je sais que je suis loin d'avoir analyser totalement le dialecte québécois). Si vous ne venez pas, j'espère qu'il vous aura fait rire ou sourire !!